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 Contexte - saison 6

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• Nous a rejoint le : 20/07/2015
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MessageSujet: Contexte - saison 6   Ven 24 Juil - 17:13

contexte saison 6
Exhale le vertige



Sentez-vous cette odeur ? Un obscur mélange de souffre et d'éther, de chaos sauvage et de juste indignation. Entendez-vous ces mélopées, ces cris, ces rumeurs et ces murmures, longeant les murs, s'insinuant dans l'obscurité, rampant dans les bas-fonds ? Tout le monde le sent. N'importe quel tocard peut le ressentir. Ça bouillonne à l'intérieur, comme une héroïne mal coupée dans les veines, comme un alcool frelaté. Il y a quelque chose qui se trame, dans le noir, dans le silence et dans les larmes, dans la misère et dans le lit des rivières asséchées. C'est comme retrouver un macchabée qui a macéré trop longtemps dans le fleuve Mississippi. Ça a un goût dégueulasse. Le tableau a l'air parfaitement immonde. Impie, certains le diront. Pourtant les lois naturelles, bafouées, niées, s'avèrent toujours impitoyables, et difficiles à oublier.

Ordre naturel, implacable vérité répétée inlassablement, bombe artisanale prête à exploser. Vague de violence, montée des extrêmes, on parle de la fin d'une ère, on évoque la fin d'une civilisation. Les plus civilisés diront invasions barbares, et au fond, qu’importent les mots puisque la sensation demeure et vous foudroie les boyaux. C'est là, à l'intérieur et ça ne veut pas foutre le camp, ça ne veut pas qu'on oublie, qu'on nie, qu'on mente. Ça s'agite, ça brûle, ça gratte, ça fait mal. P'être bien qu'on a trop menti, qu'on a trop oublié ce que c'était, qu'on a voulu se raconter de belles histoires. On pensait qu'il y avait un foutu sauveur, et on pensait à lui le soir en murmurant ses prières. Un dieu quelconque, un élu, n'importe qui. Toujours les mêmes foutus mensonges. Les mêmes abominations, les mêmes erreurs qu'on répète inlassablement. Alors on joint ses mains, et on répète.
Notre père, qui n'est pas aux cieux, va te faire enculer.

Hérésie.
Ils ont lâché les fauves. La meute est dehors, hurlante à vos portes. Son agonie est terrible et toutes ces pierres qu'on a jetées, qui ont lacérées leur beau pelage, tout ce sang, tout cet argent, ces enfants arrachés à leur louve, ces yeux qu'on voile, qu'on détourne, et ces cris... On plaque ses mains sur ses oreilles, on chuchote un avenir radieux, on parle de bête, de maladie, de sauvageons, d'erreur de la nature, on parle de faute, on parle de punition divine. Oh oui, dieu sait qu'on aime cela par ici, tout leur reprocher, à ces monstres. Différents. Trop difficiles à accepter.
Alors que dire ? Quand on évoque un projet ambitieux placé exactement sur le lieu du caern, leur foutu forêt enchantée de mon cul ? Rien. On ne dit rien. Parce qu'on ne sait plus quoi dire. Ou parce qu'on s'en fout. Ou parce qu'on a envie qu'ils disparaissent, en silence, sans éveiller notre culpabilité. Allez-vous en les monstres, disparaissez.
On aimerait tant dresser un bûcher. Ça serait plus simple. Après tout maintenant qu'on a leur nom... Merci, le grand recensement. En Espagne, ils ont bien instauré une nouvelle inquisition. Ils sont pas cons les Espagnols. Kaput les sorciers qui nous enflent bien avec leur marabou et leurs foutues conneries. On parle d'agitation passagère, occupation adolescente, mouvement gothique, jeunesse diabolique, tous ces mots-là, ne veulent plus rien dire. Et ces crimes, ces portés disparus, ces meurtres, ces accidents, ces exterminations, on aimerait arrêter tout ça. On aimerait seulement pouvoir.
Sauf qu'ils sont des foutus citoyens depuis cette fichue loi, cette damnée révélation. Huit ans que cette connerie perdure. Huit fucking années qu'on voit ces imbéciles se jeter sous les crocs des suceurs de sang, ces derniers semblent toujours retomber sur leurs foutues pattes, comme si rien ne pouvait les atteindre. Regardez comment se dressent les rois chez eux, et ces fourbes alliances, ces obscurs liens. De la pure corruption de fonctionnaire me direz-vous. Franchement qu'y a-t-il d'étonnant d'entendre une de ces sangsues faire la morale au président américain ? Ne voyez-vous pas ce qui se trame ?

Durant ces huit années qu'avez-vous fait ? Observés, écoutés, constatés. Quelle tristesse ! Le pire dans tout ça, c'est que personne ne veut l'admettre, qu'on a bien merdé comme il faut. La colère gronde dans les rangs ! Même ces foutues vermines demandent des comptes. Il n'y a qu'à les entendre, ceux qui osent le dire à haute voix, qu'on est dans un foutu merdier, qu'on en est jusqu'au cou. Quand comprendront-ils ? Quand les sorciers se seront alliés au gouvernement, l'auront infiltré ? J'en entends des histoires, tous ces damnés jours, à longueur de journée. Parait-il qu'il y a des voyous, un vampire irlandais qui cause un peu trop avec un gouverneur, tous des vendus vous-dis-je ! Pourris jusqu'à la moelle ! Comme ce monde, comme cette foutue ville. Vous ne pouvez plus nier à présent, l'horreur tapie a cessé de se cacher, elle est là, sous la lumière du jour, et elle rit, elle se gausse de nous, pauvres fous !
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